Cadavres exquis 9

Fracas de tôles écartelées.
Silence.
Mal.
Son bras.
‒ Ça va, Sandra ?
La voix rassurante de Paul, sa main sur son épaule. Les murs se remettent en place, le calme de la pièce où l’on est bien.
La fureur s’estompe dans sa tête.
Elle se frotte le visage.
‒ Oui, des souvenirs qui reviennent comme un sale rêve.
Elle remonte sa manche, plusieurs points rouges au creux du coude.
‒ J’avais déjà remarqué ces marques. On a du te droguer mais tu n’étais pas une camée, elles ne sont pas assez nombreuses. Sans doute un produit puissant qui expliquerait peut-être ta perte de mémoire car tu n’as aucune blessure à la tête. Ça aussi, j’ai vérifié.
Elle le fixe longuement.
‒ Qui es-tu ?
Paul lui rend son regard, semble réfléchir.
‒ Tu veux en savoir plus sur ma vie, c’est logique. Ça tombe bien, j’adore parler de moi. Viens allons manger car j’ai faim et je t’en raconterai un peu plus. Peut-être pas tout mais un peu plus. Et toi tu vas me parler de ces souvenirs qui reviennent peu à peu…
‒ Et la mallette ?
‒ Pas de problème, il ne lui arrivera rien.
‒ Tu as une idée de la somme ?
‒ J’ai compté. Cinq-cents mille francs. Pas assez pour être vraiment riche mais de quoi voir venir quand même.
Il la prend par le bras, ouvre la porte.
‒ Tu vas voir, leur petit déjeuner, c’est une tuerie.
Elle grimace, il sourit.
‒ Oups ! Peut-être pas le terme à employer à cet instant, désolé.
Un regard en coin, malicieux. Elle s’étonne de lui voir cet air là.
Un gamin qui se marre.
Amusée, elle s’engage dans l’escalier d’une démarche légère.
Redevenu sérieux, il la suit, observateur.
Elle a des façons de danseuse décidément.
Ou d’acrobate.
Oui, mais quel genre d’acrobate ?

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