Balzac et la petite tailleuse chinoise par Dai Sijie

Pas facile d’écrire sur un bouquin que j’ai commencé par apprécier puis par m’en lasser avant de l’abandonner en me disant : « quel navet ! »

Mais le plus simple, commencer par le début…
(J’aime beaucoup ce genre de phrases nulles et téléphonées qui font toujours bien dans une chronique littéraire. Pour celle-ci, j’ ai longtemps cherché la contrepèterie. On m’a dit qu’il n’y en a pas mais je ne suis pas très fort en contrepèteries et je doute assez de celui qui me l’a affirmé. Il se marrait comme un cachalot bègue. Alors je cherche encore).

Donc ça commence pas mal.
On est balancé (c’est le terme) dans la Chine de Mao à la suite de deux jeunes gens soi-disant intellectuels mais qui n’ont pas eu le temps de le devenir. Le gouvernement les envoie en « rééducation » dans un village paumé, si paumé qu’on se demande comment il peut exister des endroits aussi paumés que c’en est à peine vraisemblable.
Mais bon, si c’est écrit dans un livre, ça doit être vrai !
Ils vont y dormir au dessus des cochons,  porter des charges énormes à travers les montagnes, creuser à la main des mines de charbons, et tout çi et tout ça avec la boue, le froid, la pluie, entourés de surcroît de paysans imbéciles.
Évidemment il n’y a ni électricité, ni moteur, ni chasse-d’eau, ni même un Mac Do convenable dans le secteur. Les livres sont prohibés, quant au tout à l’égout, inutile même d’y penser.
Un bonheur !
En plein vingtième siècle, on croît rêver.
Une façon de douche froide pour le bon bourgeois occidental, crétin, gavé de confort et de  pâtes au gratin que je suis.
Un bon début donc.

Ensuite ? Eh ben ça se gâte les coupins.
La rencontre avec la petite tailleuse fille du tailleur et dont le co-héros, Luo, tombe amoureux, pourquoi pas.
La découverte d’une valise de livres, fabuleux, passionnants, magiques pour ainsi dire, gardée jalousement par un binoclard (avec des lunettes qu’il perd souvent et casse régulièrement comme tout binoclard qui se respecte), ça peut passer et ça explique le titre.
Ah oui, notons-le, ces livres sont évidemment occidentaux, évidemment français, et entre autres, Balzac.
Comme quoi, en Chine, ils ne savent pas écrire, à peine lire, et la seule littérature qui les fassent rêver, c’est la notre. Mais si ! Mais si !
Bluffant non ?

Tout’ façon, c’est à partir de là que j’ai commencé à me faire c…
à m’embêter, et que le machin m’est tombé des mains. Ça traîne, ça godaille, ça vasouille. Les péripéties, quand il y en a, deviennent si évidentes, si lourdingues qu’un marshmallow tocard à casquette verte les comprendrait sans peine (Et on sait combien le marshmallow tocard à casquette verte peut être bêta).

Alors, j’ai été voir la fin comme je le fais quand je m’… m’ennuie. Elle correspondait exactement à ce que j’avais pensé.
Bon que je me suis dit, c’est pas grave. Quel type de ma connaissance détesterais-je suffisamment pour lui offrir ce bouquin naze ?
J’ai trouvé mais je ne vous dirai pas qui.
Et comme toujours dans les bonnes histoires qui se respectent, je suis monté sur ma bicyclette verte et je suis parti vers le soleil couchant en chantant : « I’m a lonesome cowboy far away from home ».
Et je vous conseille d’en faire autant.

 

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