Le rouge et le noir

Cachée dans son bureau où elle ne venait jamais, elle s’était habillée, déshabillée, de rouge et de noir pour lui plaire.
De rouge d’abord. Des bas à jarretelles, une mousse de satin sur un décolleté d’albâtre, des gants, un boa ébouriffé.
Et puis, pour faire contraste, une jupe transparente, un corsage de dentelles, noirs comme ses cheveux, noirs comme ses yeux.
Elle avait caché, pour le surprendre, son visage sous un masque de tulle, de plumes, d’or et de brillance.
Malicieuse, elle attendait.

Il entra, la chercha de pièces en pièces avant de la découvrir, à peine effarouchée, dissimulée dans son antre garçonnier.
– Littéraire ! s’exclama t’il avec emphase. Stendhalien, mon rêve sophistiqué qui devient chair. Me voici donc Julien Sorel et te voilà devenue une étrange et si belle Mme de Rênal !

Amour platonique que ce livre croyait-elle.
Il lui prouva que non.
Le reste…
n’est pas dit dans la chanson.

Photo : Alcina Aubade

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