Ma vie avec Annabelle : Samedi 26 décembre 2020

Ma Facel Vega blanche traverse Paris.
Silence.
Juste le ronronnement du moteur.
Tranquille.
La seine. Les tuileries. Le Louvre.
Annabelle, mi allongée sur le siège en cuir, les genoux pliés sous elle, regarde défiler la ville.
Songeuse.
– Où allons-nous ?
– On essaie la mer ?
– Bonne idée.
La mer en hiver. Quoi de plus beau pour une nouvelle année en devenir ?
Il fait bon dans l’automobile, nous ne prendrons pas d’autoroute, nous avons le temps.
Tant de temps.
Soudain, le martellement de la pluie, les gouttes s’esclaffent sur l’asphalte.
Danse d’hiver.
‒ Ce ne sera qu’une grosse averse.
Pas de réponse.
Annabelle s’est endormi le front sur la vitre, la bouche entrebâillée. Son souffle invisible dessine une arabesque de brume sur le verre froid.
J’avance la main, lui effleure le bras d’une caresse tendre.
J’aime la pluie.
J’aime la vie.
Il fera beau ce soir.
Je vais bien.

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