Passage

Il lit, tranquillement allongé sur son lit.
Elle entre dans la pièce, met un doigt sur ses lèvres.
‒ Chut !
De cette voix rauque qu’il connait si bien, qu’il aime tant.
Elle traverse sur la pointe des pieds, nue des cheveux aux orteils.
Il cesse de lire pour l’admirer.
‒ Ne te dérange pas, je ne fais que passer, fais comme si je n’étais pas là.
Facile à dire.
Il fait semblant de s’intéresser à son roman pour lui être agréable, mais garde l’œil en coin, intrigué.
Comment peut-on « passer » dans une chambre qui n’a qu’une porte ?
Elle s’arrête devant le mur, tourne une poignée invisible, et voilà le mur qui s’entrouvre comme un rideau.
Une porte dérobée ?
Qu’il n’aurait jamais remarquée ?
Impossible !
Elle passe de l’autre côté, se retourne dans un sourire.
‒ A tout à l’heure.
L’ouverture se referme sans bruit.
Il jette le livre, se lève, se précipite mais trop tard, pose les mains à plat sur la cloison.
Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire ?
Rien ?
Ah si, une forme en relief, comme une clenche invisible.
Il pousse, tire, tente de faire tourner, cela résiste. Il essaie de s’arque bouter mais glisse…
Et tombe du lit sur le tapis en se cognant le crane.
Brutalement réveillé.
Couchée sur la page ouverte du magazine tombé à terre avec lui, la jolie femme le regarde et…
Lui sourit.

 

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