Splash

Lui : Elle serait sur un plongeoir, un plongeoir assez haut.
Elle : Ah bon, pourquoi un plongeoir ? C’est dangereux un plongeoir. Je n’aime pas trop les plongeoirs, déjà que je n’aime pas l’eau.
Lui : Oui mais la vue d’en bas est si charmante. Elle serait sur un plongeoir, disais-je dans un maillot blanc à pois noirs.
Elle : Oui mais un bonnet rose sur la tête. Le chlore, c’est mauvais pour les cheveux.
Lui : Ah c’est moins bien, mais bon. Elle l’aurait aperçu, lui lancerait un grand sourire, il lui rendrait son grand sourire. Elle s’avancerait jusqu’au bout, se pencherait délicieusement…
Elle :  En serrant bien sa bouée.
Lui :  En… en serrant quoi ?
Elle :  Sa bouée. Tu ne crois quand même pas qu’elle va se baigner sans bouée. On peut se noyer dans une piscine. Les maîtres-nageurs sont beaux mais rarement efficaces. Une bouée rose et jaune, toute gaie.
Lui : Gromblomblom ! Bon elle saute donc dans un splash gracieux et commence à nager dans son maillot noir et blanc.
Elle : C’est nul. Et puis ça ne va pas avec ses yeux. Je préfère un maillot violet, c’est plus chic et très dans la mode de cet été… avec un bonnet assorti.

Lui :  Si elle se change tout le temps, on n’arrivera jamais à la fin de notre histoire.
Elle : Mais si, mais si. Très joli ce maillot sur le bleu de la piscine, le rose et jaune de la bouée, avec une grosse fleur marron juste là, pour faire « genre ».
Lui : Je peux continuer… ou tu préfères rester dans ta gravure de mode.
Elle : Oh là, là, que tu es susceptible.
Lui : Je ne suis pas susceptible, tu me troubles et je ne sais plus où j’en suis.
Elle : Merci pour le compliment.
Lui : Bon je reprends. Elle stoppe sa nage, se dresse debout dans l’eau, et le regarde.
Elle : Avec un très joli sourire. Elle a un superbe sourire.
Lui : Oui, bien sûr. Lui, il la trouve sexy, alors il cherche une réplique intelligente à lui lancer.
Elle : Autant dire qu’il n’a aucune chance. Un homme trouver une réplique intelligente à lancer à une jolie femme, autant vouloir renflouer le Titanic avec du scotch.
Lui : Très drôle !
Elle : N’est-ce pas. C’est ta piscine qui m’inspire.
Lui : Si tu m’interromps tout le temps, je ne trouverai jamais la fin de mon texte.
Elle : Ne t’inquiète pas, je vais te la trouver moi. En fait, c’est elle qui parle, elle lui dit : « Vous aimez les bananes ? »
Lui : Quoi ?

Elle : Je me demande si avec l’âge tu ne deviendrais pas un peu sourd « VOUS AIMEZ LES BANANES ? »
Lui : J’avais compris… enfin non je n’ai rien compris.
Elle : C’est parce que tu n’aimes pas les bananes. C’est très joli, une banane, et c’est très bon.
Lui : Ah ! Trivial plutôt.
Elle : Tu vois, typiquement masculin, toujours l’esprit mal placé. Je n’avais bien sûr pas pensé à ça, tu ne changeras jamais.
Lui : Bon bon, excuse-moi. Mais pourquoi lui parle-t-elle de banane en pleine piscine ?
Elle : Je ne sais pas, l’eau, sa coiffure, le Maitre-Nageur… tout cela fait très banane. Du coup elle a envie de bananes et puis voilà.
Lui : Une envie brutale ? Elle est enceinte ?
Elle : Pas encore.
Lui : OK,  si tu mets une banane, moi je mets un morceau de gruyère, j’adore le gruyère. Et le gruyère à la banane, c’est très bon quoi qu’on pense.  Alors lui, quand elle parle de banane, il pense gruyère. Tu vois que je sais avoir des idées originales.
Elle :  Oui, sans doute, mais au bout du compte, ça n’a aucun rapport avec le début de l’histoire.
Lui : Aucun. C’est ce qui est bien.
Elle : Et du coup, il répond quoi ?
Lui :  Il répond très logiquement : moi ce que j’aime dans la banane, c’est surtout le gruyère
Elle : Alors là, elle pense aussitôt qu’il lui propose une expérience hors norme. Elle est un peu choquée mais très intéressée.
Lui : Tu vois que je ne suis pas le seul à avoir l’esprit mal placé.
Elle : C’est ta faute avec tes histoires de bananes au gruyère.
Lui : Ça y est-, ça va encore être de ma faute. Ce n’est pas moi qui ai parlé de banane le premier je te rappelle. En tout cas ce n’est pas une rencontre banale.
Elle : On peut dire ça, en effet. Pas banane comme rencontre.
Lui : Très drôle !
Elle : N’est-ce pas. J’en suis assez fière. Je réussis parfois à être aussi bête qu’un mâle ordinaire ce qui pour une femme est un vrai tour de force.
Lui : Gnin, gnin, gnin.. Bon, c’est fait, tu l’as ton histoire pour mettre sur ton blog, alors on peut peut-être passer à des choses plus sérieuses.
Elle : Ce n’est pas vraiment une histoire, elle n’a ni queue ni tête.
Lui : Normal pour une banane et un morceau de gruyère.
Elle : Et  on n’a même pas une fin convenable.
Lui : Une fin convenable, une fin convenable, tu me cherches. Attends, j’ai une autre idée, il lui propose de venir voir ses flamands roses et goûter un cocktail au paprika. C’est joli les flamands roses surtout avec un cocktail au paprika.

Elle :  Je ne devrais jamais inventer mes histoires en ta compagnie, c’est vraiment n’importe quoi !
Lui : Comme d’habitude alors. Est-ce qu’elle le suit ?
Elle : Evidemment. Aucune femme ne résiste au coup du flamant rose… surtout au paprika.
Lui : Tu te souviens ?
Elle : OUUUUIIII…
Lui : Dis-donc tu n’aurais pas un morceau de gruyère, j’ai comme une petite faim pour accompagner mon cocktail au paprika.
Elle : C’est fin.
Lui :  Ah tu vois ! Enfin.

Photos (toutes. Mais si ! Mai si !) :  Rina Bambina

 

Écho des clapiers : François Coulaud en exposition à Barbizon

Du 5 juin au 2 juillet, François Coulaud présente (et vend. Mais oui, il n’a aucune moralité) quatre de ses femmes dans une exposition collective à la galerie « Roz in Winter » dans le village de Barbizon près de Fontainebleau.
Rappelons, pour les incultes (et il y en a !), que Barbizon est le lieu mythique des impressionnistes et que la Galerie « Roz in Winter » en est l’un des fleurons tenue par la fabuleuse Lila Roz en personne.
Carrément !
Alors…
Viendez nombreuses…
Et nombreux aussi. (François n’est pas sectaire)

 

 

Le diable vit à Notting Hill par Rachel Johnson

Ah, chouette !
Parler un peu d’un bel étron littéraire avant d’aborder trois super bouquins dans mes prochaines chroniques…
Quel plaisir !
Car ce bouquin là, que faut-il sauver ?
Eh ben… euh… rien.
Génial non ?
Tout est pourri, c’est simple, définitif.
D’abord le titre. Plus aguicheur tu meurs : le Diable, Notting Hill, si ce ne sont pas des références pour faire vendre, je ne sais pas ce qu’il faut faire.
Un piège à gogos parfait.
L’histoire ?
On touche le fond du fond de la médiocrité.
Une histoire de bobos riches, des femmes évidemment. Leurs histoires de cœur, de gourous, de problèmes de beauté, de mômes.
Tout ça pourri de fric.
Fortiche non ?
Le style ?
Mal écrit… normal. Sans descriptions… logique. Avec des phrases simples (sujet, verbe, complément) pour que tout le monde puisse lire sans effort.
Je suis certain que ce truc a fait un carton.
Mais quant à moi…
Je me suis arrêté à la page 28, j’ai réfléchi à qui je détestais suffisamment pour le lui offrir. Je n’ai pas trouvé, c’est dire.
Alors je l’ai délicatement pris entre deux doigts gantés Mappa, je l’ai posé dans ma poubelle que j’ai soigneusement fermée histoire qu’il n’empeste pas la maison de mauvaises vapeurs débilitantes. Je ne dirai pas aux éboueurs qu’il est dans mes ordures, ils seraient capable de ne pas le prendre.
Puis je suis parti prendre l’air.
Il faisait beau.
Comme quoi, même un mauvais livre peut avoir de bons effets.

Mon tableau de la semaine : Arrêt de bus

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
400 €
(frais de livraisons compris)
Pour plus de renseignements ou pour l’acheter, contactez-moi par mail
creartiss@orange.fr