Et le meilleur novelliste est…

Et si on s’amusait un peu !
Et si on comparait un peu !
Soyons fous, prenons deux grands romanciers policiers et voyons comment ils se sortent d’un recueil de nouvelles.
Ah ! Ah !
Pas facile la nouvelle…

A ma droite Agatha Christie, le roman policier à l’anglaise, l’intrigue en milieu fermée, le petit groupe d’une bourgeoisie de bon ton où il faut trouver le criminel, la maitrise du suspense et de la solution façon poupée gigogne à surprises.
A ma gauche Dashiell Hammett, le roman policier à l’américaine, le détective privé à l’intelligence en lame de rasoir, les coups de poings, les coups de feu, efficacité et brutalité dans un monde noir et violent.

Et…
Le gagnant est…
Dashiell Hammett.
Et de loin.

Analysons…

D’abord le personnage D’Agatha n’est pas terrible. Ce Mr Parker Pyne, « professeur de bonheur », oups ! Le Bonheur ? Dans les romans d’Agatha Christie ? Pourquoi pas une girafe dans un mirador ?
Et puis le format de la nouvelle est trop court pour cette romancière qui prend son temps. Elle s’embarrasse les pinceaux dans le tapis de son récit, finit mal, en queue de poisson, ou de girafe ce qui est pire.
On s’ennuie, on ne se fait pas prendre, on connait la fin dès le début. Tout cela manque de sel.
La nouvelle, non ce n’est pas le format de la sulfureuse Agatha.

Par contre, Dashiell est dans son élément.
Oh oui !
Cela part comme un coup de fusil dès la première nouvelle. Du punch, du rythme et une fin à la fois étonnante et virtuose.
Tous les récits, bien entendu, ne sont pas du même tonneau, mais deux ou trois m’ont vraiment bluffé.
Le style policier américain, c’est bon pour le texte court. Une évidence. Oui, mais c’est bien d’énoncer des évidences parfois.
Je vous conseille ce bouquin.
Évitez l’autre.
Mais vous reprendrez bien un petit roman policier bien cyanuré de la dame. Quand on lui laisse le temps, elle est géniale.
Pour la route…

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