Le Chat (Seconde partie)

 

Un chat.
Noir.
Horreur !
Il ne l’avait pas remarqué tout d’abord, noir sur noir, mais les yeux pers plantés dans les siens sans ciller ont fini par atteindre leur but.
Il déteste ça.
Comment cette immonde bestiole est elle arrivée dans son intérieur  confortable?
Un tour d’horizon.
La baie vitrée, entrebâillée.
Merde !
Bon, virer l’animal.
Vite.
Il se lève, s’approche main en avant, tentant une vague caresse maladroite.

‒ Qui va être assez sympathique pour ressortir d’où il est venu et laisser Tonton Charles finir tranquillement son whisky ? C’est le gentil chaton.

Un crachement de tigre, une patte qui siffle dans l’air, la main griffée de trois sillons rouges.
Aïe !
A tous les coups, Charles  va développer une allergie. Il fait toujours des allergies à ce genre de trucs. Demain la main sera énorme comme une patte d’ours. Sympa pour aller bosser.
Il envisage une course rapide pour désinfecter, entourer la plaie béante d’un nuage de gaze, éviter la gangrène.
Mais comme dit l’oncle Marcel quand il est bien soûl : « Abandonner le terrain sur une défaite, plutôt mourir ! ».
Il n’a pas toujours tort, surtout quand il est soûl.
Rester maître du champ de bataille. Ce n’est pas un matou crasseux qui va lui donner des leçons.
Charles tourne autour du félin, tente une seconde approche, évite de peu une seconde balafre, au visage celle-là.
Son visage de beau mec, défiguré. Il en blêmit.
Tranquille, l’autre, bien d’aplomb sur ses pattes, queue et poils hérissés, le suit de son œil torve, plus rapide, plus souple, plus agile. Sûr de sa puissance et de ses réflexes, il ouvre des dents carnivores, feule en direction de l’infâme humain.
Charles sue à gros bouillons.
Il envisage un instant l’appel aux pompiers, ultime recours, sortie lamentable.
Non !
Gagner seul comme toujours.
L’intelligence en l’occurrence sera plus efficace que la force brutale et sanglante.
Réfléchir.

A suivre…

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