Le Chat (Troisième partie)

Réfléchir.
Trouver quelque chose pour envelopper la panthère puis balancer le tout par la fenêtre. Dix huit étages, ça lui fera les griffes, au carnivore.
La nappe. Du tissu de coton toilé réputé anti taches, que rêver de mieux.
Charles, très Napoléonien, entame un mouvement tournant, se positionne exactement dans l’axe, attrape le tissu d’une main sans quitter le fauve des yeux, ignore les bris de verre du vase de porcelaine hors de prix qui rencontre le sol bruyamment.
Plus tard l’intendance.
Il se précipite, couvre le félin d’un geste parfait. L’animal peste, râle, griffe, agité de soubresauts terrifiants. Charles ne tiendra pas longtemps. Il court vaille que vaille retenant le tout comme il peut, ouvre la baie du pied, jaillit sur le balcon, projette le matou dans le vide retenant le tissu in extremis avant qu’il ne suive dans la chute.
Bien joué, pas de preuve.
Appuyé au mur, la tête en vrac, la main qui tremble, il écoute, n’entend rien, pas même un feulement lointain ou l’écrasement flasque sur la chaussée.
Ne surtout pas regarder.
Rentrer sans trop savoir comment, attraper  la bouteille de whisky, remplir le verre à ras bord, boire sans souffler.
Expirer longuement.
Une sale soirée. Heureusement qu’il a eu du doigté, de la présence d’esprit.
Il se ressert. Son pouls redescend à cent vingt cinq.
Ouf !

A suivre…

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