Laurent Vicomte (1956-2020)

Il dessinait des femmes si belles, si belles…
Il avait un trait si délicat, si fin, si sensuel.
Et puis il s’est échoué un jour d’avoir voulu dessiner trop parfait.
Il s’est échoué d’avoir pensé, d’avoir cru, d’avoir tenté d’atteindre l’inaccessible étoile.
Rien n’est parfait en ce monde.
Son trait s’est bloqué, son cerveau s’est embrumé, sa main s’est crispée.
Il est mort de ne plus pouvoir dessiner… jamais.
Arrêté à la page 18…
Pour l’éternité.

André Kohn,

Il pleut.
Il pleut infiniment.
Langoureusement.
Tendrement.
Il pleut comme on marche à petits pas.
A petites gouttes sur l’asphalte luisant.
Antoine aime la pluie qui caresse son visage d’un baiser mouillé.
Il pleut.
Et puis, voici des pas efficaces.
Des pas pressés.
Qui viennent derrière lui, s’approchent, le doublent.
Une femme passe, imper rouge sous un parapluie blanc.
Et soudain…
Antoine ne sait plus qu’il pleut.

René Gruau (1909-2004)

Il y a des heures, il y a des matins, il y a des weekends où, sans comprendre, sans savoir, on se sent un peu virtuose.
Et puis… on va voir un dessin tout simple de René Gruau.
Presque rien.
Quelques traits…
Du bleu, du noir, un soupçon de rouge.
On ne bouge plus.
Tétanisé.

Eugène Boudin (1824-1898)

Un ciel immense, tumultueux, une mer en lames de blanc et de bleu, des voiles posées, vibrantes, cette sensation du vent qui souffle…
L’impressionnisme avant l’heure ?
Oui.
Rappelons que c’est Eugène Boudin qui appris à Monet à peindre à sa manière alors qu’il n’était encore qu’un caricaturiste débutant.