Dimanche sans parapluies

‒ Tiens, il a l’air de faire beau ! se dit-il en s’étirant dans son lit.
Il se leva joyeux, appuya sur le bouton de la télécommande. Le volet roulant descendit dans un ronronnement tranquille et rassurant.
Bien !
Il pleuvait.
Zut !
Il chercha le porte-parapluie, il était vide bien entendu. Il avait du oublier l’engin baleiné à l’épicerie du quartier.
Il irait demain.
On était dimanche, il préférait se recoucher que de traîner sous la pluie.
Ce qu’il fit.

‒ Tiens, il a l’air de faire beau ! se dit-elle en repoussant gaiement ses draps de satin rose.
Elle courut ouvrir les persiennes, ne négligeant pas pour autant de se mirer dans le miroir.
Joli déshabillé de dentelle, et puis ces cheveux ébouriffés lui faisaient un visage charmant.
Tant mieux !
Il pleuvait.
Tant pis !
Sur la petite commode de bois verni, pas de parapluie.
‒ J’ai du l’oublier à la mercerie, pas de problème j’irai lundi.
Elle retourna rêver de prince, de pommes, de baisers, de chevauchées merveilleuses et boisées…
Dans ses draps de satin roses.

‒ Qu’est-ce que c’est que ces deux branquignoles ? se dit l’auteur en regardant ses personnages ronfler joyeusement dans son ordinateur. Comment veut-on que je fasse une histoire romantique dans ces conditions ?
Il se leva en grommelant, ajusta sa robe de chambre écossaise, se gratta la fesse puis le crane qu’il avait chauve, traina ses charentaises usées jusqu’à la fenêtre, entrebâilla le volet.
Il pleuvait.
Comme par hasard !
Il n’eut à vérifier ni le porte parapluie, ni la commode, il ne possédait aucun des deux objets pas plus que de parapluie.
Alors il retourna se coucher dans son canapé écossais usé.
Il y a des jours comme ça.

L’étang

Au bout du chemin tracé dans les herbes se tient une clairière.
Non, pas une clairière.
Un étang lisse, pâle, niché dans un écrin de verdure, bien blotti de longs arbres droits qui lui font comme une pelisse, un miroir de ciel clair dans un chatoiement d’ombres et de lumières mouvantes.
Il s’assied évitant de piétiner, d’écraser, de détruire. Juste un espace pour se poser.
Le silence bruisse d’une multitude d’éclats de rire, d’états de vivre, de joie partagée.
Un poisson claque l’eau d’une gerbe multicolore.
Un passereau déluré vient boire une goutte.
Une grenouille commence son bavardage, une autre l’accompagne, bientôt elles sont dix, elles sont vingt.
Il est bien.
Il pose sa main droite soigneusement derrière lui, puis la gauche, se penche en arrière le front en l’air, les yeux fermés. Une brise de soleil vient jouer sur la ridule de son front.
Chaleur douce.
Il écoute.
Un froissement juste en lisière du bois, ne pas regarder trop vite.
Un museau, deux yeux aux grands cils, une silhouette blottie dans la pénombre.
Une biche.
Ne pas bouger.
Sonnerie.
Portable.
Elle s’enfuit d’une dérobade.
Message.
─ Que faites-vous mon ami ?
Il répond d’un index rageur.
─ Je songeais, ne vous déplaise.
─ Vous songiez, j’en suis fort aise. A moi évidemment ?
─ A vous… évidemment.
Menteur.
Il repose la machine.
Crispation, d’abord.
Mais l’ombre est si douce, l’herbe si tendre, l’air si transparent.
Lentement la rêverie revient.
Il s’enfonce de ciel en arbres, de plumes en vent, clapotis discrets, feuilles qui craquent.
Il respire à peine.
Attentif.
Peu à peu, indicible, fragile, l’étang reprend son babillage.
Il n’ose ciller.
D’abord, par strates successives, reviennent les coassements, puis les frôlements, pépiements, les badinages.
Il entrebâille une paupière.
A l’autre rive l’oiseau trottineur pioche de nouveau des gouttelettes de lumière.
La biche ne reviendra pas.
Bien sûr.
Mais peut-être un autre visiteur s’il sait attendre.
Il guette.
Un mouvement à l’orée des buissons… les feuilles bougent, ce n’est pas le vent.
La sonnerie du portable encore.
Nouveau message.
Sans lire il prend la mécanique infernale,  ajuste, l’envoie voler au-dessus du bouillon. Elle coule d’un gargouillis agréable.
Tout à l’heure il regrettera, il le sait, mais pour le moment c’est un délice.
Il va pour se réinstaller et puis…
Lui vient…
Un doute.
Combien de portables gisent au fond de cette mare ?
Il cherche, inquiet, repère un papier gras, un goulot de verre brillant sous un buisson, une canette abandonnée sur une rondeur de sable.
Un bidon écrasé à la bave huileuse.
Il a soudain un goût amer en bouche qui ne passera pas si vite.
Humainement votre !

Songe d’un matin de printemps

Solitaire, dans le matin tranquille, elle regardait le pont disparaissant dans la brume.
C’était superbe.
Elle songeait à cette humanité qui, elle aussi, disparaissait dans la brume.
Elle songeait…
Il s’approcha, lui posa la main sur l’épaule.
Elle sentit son odeur de moisi, de tabac froid, avant d’entendre sa voix graillonnante.
– Dites-donc, c’est un scandale, vous n’avez pas mis votre masque, vous êtes vraiment une inconséquente, mademoiselle, comme tous les jeunes. Vous mettez tout le monde en danger, j’ai bien envie de vous dénoncer…
Elle se retourna.
Il y eut un vieux supplémentaire dans les statistiques des décès.
Pas mort du Covid.
Ouf !

Lascive

Lascive et pensive, la belle regardait par la fenêtre.
Une lumière dorée irisait le blond des cheveux, caressait le modelé d’une épaule, enveloppait l’arceau du bras pour finir sa course, perverse et douce, le long d’une hanche, d’une jambe ombrée de lumière.
Le jour se levait sur Paris, le jour se levait sur elle qui regardait Paris.
Lui, envouté, notait deux trois choses qui feraient peut-être une histoire, qui, en tout cas, décrivaient déjà un instant hors du temps.
Il n’osait parler.
Il songeait.
Il rêvait.
Ni l’un ni l’autre ne bougeaient, lui admirant, elle le sachant.
Un instant immensément long, plusieurs secondes d’éternité peut-être, dévida l’écheveau d’une heure arrêtée, le fil d’une passion sauvage et sensuelle.
Le grincement léger du crayon sur le papier gravait  l’espace, pareil au bruissement d’aile d’un oiseau mouche.
Il écrivait sans s’en rendre compte des choses tendres et voluptueuses.
Elle frissonna soudain, étira les bras, le dos, se retourna d’un froissement d’étoffe.
Un sourire aux yeux.
‒ Et si on allait se promener ?
Il sourit à son tour.
‒ Oui, allons nous promener mais tu sais…
Malicieux.
Elle savait.
Alors, pour lui faire plaisir, elle passa la volupté d’une robe légère flottant  sur ses jambes nues, prolongées de  la longueur de deux talons immenses, affutés comme des rasoirs.
Rien d’autre.
Ils allèrent se promener.

 

Haut et bas

Il descendait les escaliers du haut de la rue Charles de Batz.
Elle les remontait.
En bas.
Zut se dit-il, je suis dans le mauvais sens.
Arrivé en bas, l’air de rien, il fit demi-tour.
Les remonta.
De bas en haut.
Elle n’était plus là.
Elle ne l’avait pas attendu, s’éloignait d’un pas lointain vers la rue Victor Hugo.
En haut.
Il grommela.
Redescendit en bougonnant.
Du haut vers le bas.
Mauvais matin.
Au troisième pas sur la rue Honoré de Balzac.
En bas.
Il en croisa une seconde qui venait du haut de la place Denfert-Rochereau.
En bas.
Jupe courte, jambes longues, talons hauts.
Elle allait vers les escaliers.
Du bas vers le haut.
Son bus arrivait, il allait le manquer.
Tant pis.
Il n’hésita pas.
Retourna.
Du bas vers le haut.
Suivant les jambes en bas là-haut.
Là-bas.
Son patron comprendrait…
Comme chaque matin.
Comme chaque jour.
Comme chaque fois.
On sait ces choses là quand on vend des strings, des tangas, des shortys, des bodys, des corsets, des guêpières, des jupons, des nuisettes, des porte-jarretelles…
Et des bas.

 

Photo : Miss Legs

en te rêvant

La cuisine est propre, tout va bien. Jean-Paul range le balai, la serpillière, derrière la porte du placard.
Un dernier regard.
Impeccable !
On se croirait dans le catalogue « Ma Maison » à la rubrique « l’Intérieur Parfait ».  Il est fier de lui.
Il a fait repeindre en rose une semaine plus tôt. L’envie d’un petit côté Kitch, gai, à part. C’est très réussi.
Aimera-t-elle ?
Une légère inquiétude.
Il passe dans la salle à manger plus classique, avec des lignes droites, des meubles clairs, de profonds canapés de cuir blanc, une cheminée centrale. La table est mise, deux couverts de porcelaine, verres en cristal, des bougies, une bouteille d’un Châteauneuf du pape qui va bien.
Il s’installe dans le canapé replace dans l’alignement le second verre sur la desserte.
Tout est prêt.
Il ne cherche pas à l’impressionner, juste qu’elle soit bien, heureuse. Elle est si belle. Il aimerait que leur histoire commence sur un moment magique. Il aimerait aussi qu’elle dure plus longtemps qu’à l’habitude.
On sonne, c’est elle.
Fabuleuse.
Une souple robe blanche à petits pois et bordures rouges qui met en valeur sa chevelure sombre, un décolleté carré  pas trop profond mais pas trop sage quand même, trois rangées de volants pour découvrir les chevilles fines, les chaussures du même rouge que sa bouche, du même rouge que son bracelet.
Patch, son teckel fou, déboule la queue en bataille et lui lèche la main. Bon signe. La précédente, il avait commencé par la mordre et même si ce n’était rien, elle n’avait pas aimé.
Elle se penche, le caresse, sourit.
Soudain la pièce s’illumine, le soleil est partout, la vie est belle.
Jean-Paul sourit à son tour. Il a la sensation de planer dix centimètres au dessus-du sol, c’est très agréable.
‒ Pas eu de problème pour trouver ?
‒ Non, vos explications étaient très claires.
‒ Un petit verre pour commencer ? J’ai un très bon Pinot des Charentes.
‒ Avec grand plaisir, j’aime beaucoup le Pinot.
Jean-Paul débouche la bouteille d’un seul geste ce qui est rare, remplit à moitié les deux petits verres sans qu’une goutte ne se perde. Tout va donc très bien.
‒ J’ai préparé quelques amuse-bouche.
‒ Laissez Jean-Paul, je m’en occupe, ça me fait plaisir.
Elle se lève avant qu’il n’ait pu réagir, passe dans le coin cuisine.
‒ Comme c’est joli ce rose ! Savez-vous que c’est ma couleur préférée ?
Il ne savait pas. Il rougit d’être si bien tombé.
Elle passe un petit tablier blanc qui lui sied merveilleusement, ouvre le four, s’exclame en retirant le plateau.
‒ Ça sent très bon.
Et une douche épaisse descend du plafond, les noie tout deux d’une cataracte d’eau glaciale.
‒ Dégage pouilleux, tu gènes.
Jean-Paul s’éveille d’une brutale redescente sur la terre.  L’hiver, la rue, le froid.
Le type des services de nettoyage, que les copains appelle «La Hyène »  pour sa vicieuse brutalité, continue d’arroser, d’un jet d’eau vachard, le carton, les quelques affaires du clochard, et tout ce qui traîne sur le trottoir. Jean-Paul s’enfuit, trempé, claudiquant, de ce coin qu’il croyait tranquille sous ce pont, pour s’enfoncer dans le brouillard glacé.
‒ Ça me fout la gerbe ces détritus humains.
Voici le second, le collègue, qu’on appelle « Le Philo » pour son verbiage pédant. Les deux font la paire aussi méchants l’un que l’autre.
‒ Faut s’méfier, ça vous ficherait la chtouille le temps de respirer cette merde !
Jean-Paul, en fuyant, a abandonné quelques fringues, un sac plastique, un vieux journal de mode. « Le philo » s’arrête sur une photo. La belle Dita Von Tease, en robe d’été, sort un plat du four dans une cuisine rose pastel, un teckel brun à ses côtés.
‒ C’est qui cette meuf ?
« La Hyène » approche, regarde, siffle entre ses dents.
‒ Putain, j’me la f’rais bien pour mon goûter.
Et les deux, en se marrant, continuent leur chemin.
Il pleut sur Paris.

Photo : Dita von Tease

Un parfum

Il vérifia chaque fenêtre, la fermeture du gaz, les robinets de la baignoire. Sa valise était prête dans l’entrée, son manteau posé bien en évidence.
Bien.
Il entra dans sa chambre.
Elle était là.
Il ne fut pas étonné. Sans bien savoir pourquoi, il l’attendait.
Elle se retourna… lentement.
Il
lui sourit.
Elle lui rendit son sourire.
Il s’avança, tendit la main vers son visage. Elle arrêta son mouvement d’un geste, posa son doigt sur sa bouche dans un « chut » doux, tendre et silencieux.
Lentement elle disparut, ne laissant qu’un parfum fragile comme accroché à l’ombre des murs et un foulard de soie flottant dans l’air. Il prit le foulard, le porta à ses lèvres, s’emplit de la fragrance délicate.
Intense.
Il le glissa dans sa poche, sortit.
Il enfila son manteau, attrapa sa valise, ferma la porte de l’appartement.
Vérifia qu’elle était bien close une fois.
Puis une seconde.
Puis une troisième…
Il commença à descendre l’escalier. Le taxi lui avait confirmé qu’il attendait devant l’immeuble, le billet d’avion était dans son sac, l’horaire exact avec une bonne vingtaine de minutes d’avance.
Bien.
N’avait-il pas rêvé ?
Il mit la main dans sa poche.
Le foulard était là. Une onde de parfum monta jusqu’à lui.
Tendre, capiteuse.
Il se sentit heureux comme jamais.
Puis il monta dans le taxi.

Piscine-Party

– Non.

– Quoi, non ?

– Tu ne peux pas sortir comme ça.

– Pourquoi ?

– Eh bien, cette robe ressemble plus à une chemise de nuit qu’à une robe et ce décolleté. Je te l’ai dit, c’est une soirée habillée.

– J’ai mis des gants.

– En effet. Des gants de stars qui montent au dessus du coude, des gants qui ne disent qu’une chose : « Enlevez-les moi si vous êtes cap ! »

– Exactement.

– Cela ne va pas.

– Mais si ! Je te rappelle qu’une soirée dite habillée comme tu l’annonces, peut devenir une soirée déshabillée assez rapidement. Ces messieurs chics, bide et fric en avant, viennent accompagnés de femmes belles, très bien habillées, qui ne sont pas du tout leurs femmes et qui finissent généralement, en fin de soirée, plutôt déshabillées. Comme toi et moi d’ailleurs.

– Oh !

– Je te rappelle que la dernière fois, tu avais disparu et que je ne t’ai retrouvé que bien tard, et pas du tout où tu aurais du te trouver.

– Je cherchais les toilettes.

– Tu me l’as dit déjà. Il semblerait qu’elles étaient prés de la piscine où se baignait une de ces beautés dont j’ai déjà parlé.

– Tu t’imagines tout de suite le pire.

– Ou le meilleur. Alors cette fois, comme je ne veux plus faire tapisserie dans tes soirées soi-disant habillées, je me suis habillée déshabillée juste pour dire à ces messieurs à gros bide et gros sous : « Venez, je suis avec lui mais je ne suis pas sa femme ».

– Oh !

– Tu l’as déjà dit.

– Tu vas me couvrir de ridicule.

– Mais non, tu vas faire type riche, à gros bide, qui a les moyens de se payer une femme chic, belle, qui ne soit surtout pas sa femme. Je pense que ce sera bon pour tes affaires.

– Je n’ai pas de gros bide.

– Mais ça viendra. Prends la Jaguar, ce sera mieux, elle est plus confortable que la Ferrari.

– Ah très bien.

– …

– Dis ?  J’ai brusquement un doute… confortable pour quoi ?

– Je t’en pose, des questions, sur les piscines, moi ?

 

Photo : Dita Von Tease

 

Le livre

J’ai pris le livre sur la table du salon, j’ai cherché le bouton de mise en marche, la prise, la batterie, il n’y en avait pas.
Etrange.
Je l’ai ouvert.
Aucune mise à jour n’a retardé le chargement, pas de délai d’attente, le texte était là, écrit, sans rafraichissements d’images intempestifs.
Je n’ai pris aucune lumière bleue dans la rétine, pas besoin de lunettes de protection.
J’ai commencé à lire, un peu inquiet quand même.
J’ai tourné la page.
Les pages suivantes étaient là. Je n’ai même pas vu le processus d’installation du texte tant c’était rapide.
Alors j’ai tourné les autres pages vite… pour voir.
Eh bien, croyez-moi si vous voulez, il n’a pas planté une fois.
Même pas un léger bug, aucune lenteur.
Tout était en place au fur et à mesure, juste comme si c’était naturel.
Alors, j’ai été voir la date de fabrication de la machine…
1973 !
Waoh !
Et il fonctionne toujours !
Et avec cette fluidité !
C’est pas mon ordinateur, déjà quasi obsolète après deux ans d’utilisation, qui en fera autant.
Ils étaient forts les anciens !
Quand même.

Fantasme léopard

Elle me regardait, je ne savais quoi dire.
Ce qui ne m’arrive pas si souvent, avouons-le.
Ensemble léopard pour chaussures sauvages à talons hauts, crinière de tigresse sur fourrure de peau brutale, elle était plutôt belle.
Un rien inquiétante pourtant.
Que me suggérait-elle ?
Voulait-elle évoquer la cruauté d’une jungle restée vierge ?
Sous-tendait-elle que la plus sophistiquée des femmes reste une panthère ?
Ou s’agissait-il d’une invitation à un combat de bêtes aussi terrifiant qu’érotique ?
Je m’interrogeais.
Ses tailleurs Chanel sur dessous Aubade m’avait habitué à plus de douceur, à moins de rudesse aventureuse. Je ne suis pas de cette race qui fit les explorateurs et les missionnaires. Je suis de celle qui créa la Bourse, les visons, les nuisettes en dentelles et les voyages à Venise.
En toutes circonstances, je préfère contrôler les choses. Les fantasmes comme les ébats sexuels n’y font pas exception.
J’envisageais donc une fuite discrète et de bon ton. Il faut savoir laisser aux autres les découvertes hasardeuses, le danger, les territoires hostiles.
J’étais presque à la poignée de la porte lorsque qu’elle me dit.
‒ Tu sais, il y a ce qu’il faut ici pour dresser les animaux sauvages et en faire des tigresses de salon. Elles ne demandent que ça.
Elle me montrait des bracelets de corne, des liens de soie, un masque d’or, un foulard qui pourrait éventuellement servir de bâillon.
Je me ravisais.
Qu’il s’agisse de civiliser les populations primitives, de mettre le joug ou de dresser les animaux rétifs, depuis Philippe le Bel, ma famille a toujours su comment s’y prendre.
Je m’y attelais donc. C’est le mot et il ne fut pas surfait.
Au final, je trouvais l’expérience plutôt agréable.
Comme quoi on a toujours raison de le dire…
Noblesse oblige !

Photo : October Divine