Mon tableau de la semaine : Aubade

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
400 €
(frais de livraisons compris)
Pour plus de renseignements ou pour l’acheter, contactez-moi par mail
creartiss@orange.fr

Ma vie avec Annabelle

Argenton sur  Creuse, midi treize, ma brasserie préférée, le « café-hôtel de la place », bondée comme chaque jour à cette heure. Ce ne sont que rires qui s’échauffent, exclamations à la cantonade, discussions bruyantes, tintement des assiettes, des verres. Les deux serveuses se glissent souplement entre les convives déjà attablés, les bras chargés, guettant d’un œil les nouveaux arrivants, repérant le plat qui traîne, la commande qu’on néglige, le client qui s’impatiente. Efficaces, souriantes.
Le métier.
Je suis assis devant ma Grim rouge à une place que j’aime bien, appréciant ce brouhaha joyeux, captant des répliques, des attitudes, que j’utiliserai ici ou là dans mes écrits. Face à moi, le comptoir où j’admire en connaisseur la maestria de la patronne gérant tout à la fois les demandes qui affluent, les personnes qu’il faut rediriger, et les cinq piliers de bar qui s’envoient leur troisième apéro dans des interjections tonitruantes.
Ambiance.
Brutalement les cinq bouches restent ouvertes bloquées de son, la patronne stoppe son mouvement vers la machine à café… puis le reprend. Une nappe de silence envahit la salle par ondes successives jusqu’à la dernière personne dont le rire sonne comme un clairon isolé. Emportée par la vague, la seconde salle se tait à son tour, sans savoir, sans comprendre.
Plus rien ne bouge.
J’ai compris.
Je me tourne.
Annabelle est dans l’entrée, gainée d’une fluide robe noire qui s’ouvre jusqu’à l’orée de ses seins, descend souplement pour s’interrompre à mi-cuisses dévoilant de longue jambes sombres, que je devine à coutures, sur de fines chaussures Louboutin haut perchées. Un boa de faux renard sur l’épaule, un fume cigarette dans la main gauche, complètent l’image d’une diva surgie d’un film américain des années cinquante.
Elle m’aperçoit, me fait signe, traverse à pas de souris le public qui peu à peu revient à la vie.
Elle s’assied dans un geste joliment travaillé, pose son regard sur moi, écarte les bras, très Harry rencontre Sally.

─ Quoi ?

─ Je t’avais dit : une tenue naturelle.

─ C’est une tenue naturelle… pour moi.

Allez répondre.

Photo : Idda van Munster

Voyage

‒ J’ai une idée fabuleuse Edward. Vous raccrochez, je raccroche, vous faites votre valise, je fais la mienne et l’on se retrouve à la gare.

‒ A la gare, mais quelle drôle d’idée Eulalie ! Et pour quoi faire dans une gare ?

‒ Mais pour prendre un train mon cher. Que voulez-vous faire d’autre dans une gare, allons ?

‒ Un train ? Mais quel train ? Mais pourquoi un train ?

‒ Le premier qui se présentera, soyons fous. Nous nous retrouvons dans la gare, disons dans une heure, et le premier train qui passe, pouf, on monte dedans. Ce sera charmant, vous ne trouvez pas.

‒ Pouf ? Mais pour aller où ?

‒ Justement, on ne sait pas. C’est ça qui est trop chou.

‒ Trop chou ? Mais vous délirez Eulalie Je dois vous rappeler que, ce soir, nous sommes invités chez mes parents pour fêter nos fiançailles devant tous les amis et la famille. Il y aura le Colonel de B. et l’archevêque de C. pour ne citer que les plus importants.

‒ C’est donc ça que je pensais que c’était aujourd’hui ou jamais. Eh bien n’y allons pas et partons en voyage. On a toute la vie pour se fiancer, nous ferons ça un autre jour et puis voilà.

‒ Mais non, mais non, mais pas du tout, mais il n’en est pas question. Je ne peux pas dire à Père et Mère que nous partons comme ça et laisser tout en plan, ça ne se fait pas.

‒ Si, ça se fait, puisque je vous le propose.

‒ Non. Nous irons chez mes parents pour nous fiancer comme il a été décidé et c’et tout. C’est votre futur mari qui vous l’ordonne.

‒ Eh bien il est beau mon « futur mari » à me donner déjà des ordres. Puisque c’est ainsi, j’ai une idée encore plus fabuleuse. Je vais aller à la gare et vous irez à vos fiançailles.

‒ Comment ? Sans vous ?

‒ Ah parce qu’en plus il faut que je sois là. Mais vous en demandez beaucoup mon ami, mais vous en demandez trop.

‒ Des fiançailles, cela se fait à deux, il me semble.

‒ Bien, réglons cela et n’en parlons plus. Vous n’avez qu’à emmener Maryse, elle en meurt d’envie. Elle fera une fiancée tout à fait convenable, je vous l’assure.

‒ Maryse ? Elle a un pied bot.

‒ Ecoutez Edward. Je fais tout mon possible pour vous aider et vous ne trouvez qu’à récriminer. Il y en a plein si Maryse ne vous convient pas. Sophie, Elise, Armance ou Barnabine, que sais-je ! Choisissez et n’en parlons plus. Quant à moi, j’ai un train à prendre et je vais le louper si vous continuer à me faire perdre mon temps.

Et sur ces mots Eulalie raccrocha.
Elle enfila son manteau rouge sur sa robe noire, attrapa son sac noir, sa valise assortie, enfonça un joli bibi sur sa tête et prit un taxi pour la gare.
Avec un sourire grand comme ça.
On dit qu’elle se promènerait au Brésil.
On dit qu’elle aurait un amant brésilien.
On dit qu’elle aurait changé son prénom pour Isadora.
Mais on dit tant de choses.
A ce propos, vous ne savez pas, Maryse et Edward viennent de se marier.
Vous le saviez ?
Ah bon.

François Coulaud expose ses femmes

Vernissage de l’exposition collective, où François Coulaud présente quelques uns de ses tableaux, à la galerie Roz in Winter de Barbizon ce samedi 12 juin à partir de 18 heures. Il sera présent alors… comme d’habitude…
cherchez les femmes. (sourire)

Label bio

Je discutais avec ma vendeuse de légumes sur le marché. Elle me disait que les normes sur les produits bio sont en train de changer. De plus en plus de produits sont autorisés dans les champs tout en conservant le label bio. Elle m’a montré les tableaux et leur évolution. Impressionnant.

Partir…

Je viens de découvrir qu’il n’y aura pas de fête de la musique cette année encore…
Interdiction de jouer dans la rue, dans les cafés ou restaurants, interdiction de jouer pour les amateurs. Seules les salles seront autorisées, en places assises, avec des normes sanitaires et un pass sanitaire au dessus de 1000 personnes. Fermeture de tout à 23 heures et tout le monde rentre chez soi.
Oui, mais ça, ce n’est pas la fête de la musique Monsieur Macron, cela s’appelle des concerts… et encore.
Sous prétexte d’une maladie, sous prétexte d’un virus, ce pays est devenu un pays totalitaire.
Ce soir, j’ai comme une envie de vomir…
Ce soir, j’ai comme une envie de vivre ailleurs…
Mais où ?