Gribouillis du lundi

Dessin 252

Si vous désirez acheter ce dessin pour 40 euros (frais d’envoi compris),
faites-moi une commande sur mon mail : creartiss@orange.fr

Train

  • Ils seraient dans un train.
  • Un train ancien, avec des compartiments fermés, de longs fauteuils de cuir usé, des filets pour poser les valises, une fenêtre qu’on descend et qui grince.
  • Il ferait froid.
  • Il ferait nuit.
  • Un train de nuit. J’adore les trains de nuit. Il peut se passer tant de choses…
  • Il n’y aurait personne dans le couloir, personne dans le wagon, peut-être même personne dans le train. Ils se l’imagineraient en tout cas, seuls au monde dans ce convoi fuyant dans la nuit. On n’entendrait que les boogies résonnants aux traverses des rails, un rythme de métal, un bruit compact, régulier.
  • Elle lui demanderait d’une voix douce, un peu rauque : « Cela ne vous dérange pas si je ferme la fenêtre ? Il fait froid. »
  • « Pas du tout, je vous en prie ! ».
  • Elle se lèverait, fermerait la fenêtre. Le bruit disparaitrait.
  • Non pas ! Il se muerait en un ronronnement feutré, lointain, près à resurgir soudain au moindre caprice.
  • Il la regarderait ?
  • Bien sûr, mais en douce, en biais, en catimini. Il ferait celui qui lit son journal, absorbé par les nouvelles de la bourse.
  • Elle ferait celle qui ne l’a pas remarqué, perdue dans ses pensées. Elle s’assiérait sur l’autre banquette, rajusterait sa jupe droite, un geste léger pour son corsage de soie, un regard par la fenêtre opaque.
  • Son journal tremblerait légèrement.
  • Elle reprendrait son livre, poserait de jolies lunettes d’ambres sur son nez parfait, se plongerait dans sa lecture.
  • Pourquoi « d’ambre » ?
  • Les femmes ont toujours ce type de lunettes dans ces trains-là.
  • Ah bon. Et son livre ?
  • Son livre ? Pas si simple ! Simone de Beauvoir peut-être ou Françoise Sagan, un livre intelligent et romantique.Elle ferait semblant de lire.
  • Semblant ?
  • Qu’est-ce que tu crois !
  • Un moment passerait sans qu’ils disent un mot, sans qu’ils fassent un geste.
  • Puis, lentement, elle baisserait le livre, relèverait sonvisage, planterait ses yeux dans les siens.
  • Il ne baisserait pas le regard.
  • Elle non plus. Ils resteraient là, sans rien dire, yeux dans les yeux.
  • Hors du temps.
  • Brutal, le train commencerait de ralentir, de freiner dans un crissement de fer. Quelques lumières, un panneau, un quai, un chuintement de haut-parleur.
  • Elle se réveillerait comme d’un songe, paniquée, récupérerait ses  deux valises dans le filet à bagages, enfilerait son manteau.
  • Il l’aiderait à les descendre, lui ouvrirait la porte du compartiment.
  • Et aussi pour sentir son parfum, le retenir en lui comme on garde l’empreinte du soleil sur la peau.
  • Elle filerait dans le couloir, sauterait sur le quai, le train déjà repartirait.
  • Leurs yeux se croiseraient une dernière fois. Il baisserait la vitre, se pencherait, hurlerait son nom qu’elle n’entendrait pas, fixerait le noir longtemps après que la silhouette ait disparu.
  • Non !
  • Non ? Quoi non ?
  • Je n’aime pas cette fin-là. Recommençons…
  • Ah ! Bien ! Recommençons…
  • Ils seraient dans un train…

Peinture : Edward Hopper

La maison de papier par Françoise Mallet-Joris

Il y a des livres qui ont une histoire dans mon histoire.
Celui-là en est un.
Sorti en 1970, j’avais huit ans.
Souvenirs.
Les discussions entre mon père et mon oncle René autour des romans ou des essais qu’ils dévoraient.
Souvenirs.
Les longues tirades si construites de mon oncle, les réponses plus courtes, efficaces et sobres, de mon père.
Comme ils me bluffaient tous deux à refaire le monde à coups de bouquins.
On sortait de mai 68, un air de liberté flottait sur la vie.
Souvenirs.
L’appartement de mon oncle à Paris. L’immeuble gigantesque, l’énorme ville qui bruissait tout autour, le cinq pièces très parisien avec ses baies vitrées, ses meubles en teck marrons, ses fauteuils en poire ou en pouf, ses bibliothèques déjà Ikea.
Et puis, magique, la rencontre de mes premières BD dont un Lucky Luke.
Et enfin, cette couverture étonnante, abandonnée sur un canapé, cette maison de papier aux quatre petits bonhommes dansants.
Souvenirs.
Il fait toujours très beau dans mes souvenirs…

Alors quand je suis tombé, au détour d’une bouquinerie, sur cette couverture qu’éclaboussait un éclat de soleil, je n’ai pas hésité une seconde.
Je l’ai acheté.
Je l’ai lu.
J’ai été déçu ?
Euh… Un peu.
C’était évident ! Vous le saviez.
D’accord.
Mais bon, on peut rêver quand même.
Alors ? Qu’en dire ?
Eh bien, dans un premier temps, il est sympathique ce petit opus, elle est marrante cette maison ouverte aux quatre vents, ce moulin où passent les femmes de ménage, les enfants, les animaux, les amis, le mari.
Tout ça dans un joyeux bazar très mai 68.
Je me suis laissé prendre d’abord à ces petits morceaux de vie plutôt bien écrits.
Et puis…
Et puis bof !
On se lasse.
Il y a trop de fric dans tout cela, trop de bons sentiments pour le petit peuple, trop de réflexions « intellectuelles », trop de paternalisme sirupeux (Ou de maternalisme si le mot existe), et trop, beaucoup trop de religion (Argh !).
Françoise Mallet-Joris n’est au final qu’une grande bourgeoise pourrie de fric et de conventions, quoi qu’elle en dise, quoi qu’elle en pense.
Dommage.

Tant pis, je ne regrette pas, d’ailleurs je ne regrette jamais rien.
Car, souvent, en sautant les pages longues et convenues de la philosophie à la petite semaine de Françoise, je fermais les yeux, revoyais cette couverture posée sur le canapé, entendais mes cousines, mes sœurs, rire dans les chambres, le son des voix masculines dans le salon, des voix féminines sur le balcon, et, derrière la baie vitrée, le grand soleil dans un immense ciel bleu…
Qui me lançait un clin d’œil malicieux.
Il fait toujours très beau dans mes souvenirs !

Gribouillis du jeudi

Dessin 250

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Mon tableau de la semaine : Transparence

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
600 €
(frais de livraisons compris)
Pour plus de renseignements ou pour l’acheter, contactez-moi par mail
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Gribouillis du lundi

Dessin 251

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L’Écho des Clapiers : Moiselle Jeanne

Profitant des premiers jours de beau temps, les première jet-setteuses viennent de débarquer sur les plages du Berry.
Le photographe-paparazzi de notre mensuel bien connu, « L’Écho des Clapiers », a réussi à prendre un cliché sur le vif de la charmante et tumultueuse Moiselle Jeanne, compagne on le sait de Gaston Lagaffe dans la série BD éponyme.
Le voici en exclusivité pour nos lecteurs…