Le Chat (Première partie)

Charles sort de l’ascenseur, traverse le palier chic de son immeuble chic  du 16ème arrondissement.
Trois pas sur la moquette luxueuse pour atteindre la porte de bois clair de l’appartement.
Content.
Fin d’une journée efficace. Il a encore gagné et fait gagner quelques masses d’argent à son employeur et tout ça,  en déplaçant à peine quelques cargos de blé sur une carte.
C’était le jour du « blé ».
Lui qui déteste la campagne, les plantes, les animaux,  la nature en général.
Marrant.
Demain ce sera le pétrole ou les vaches qu’il déplacera virtuellement. Aucune importance, tout ce qui compte c’est de faire un max de fric. On vend, on achète, on joue, on gagne.
Il adore son métier.
Il enlève ses chaussures un peu trop serrées, se fait un clin d’œil dans le miroir de l’entrée, récupère un verre, une bouteille de ce formidable whisky irlandais et se jette dans un fauteuil du grand salon.
Une gorgée qui claque en bouche.
Un regard à la pièce qu’il a fait relooker par une des plus grandes designeuses de Paris.
Du goût, de la classe, fauteuils de cuir, tables structurées, panneaux laqués blanc-cassé, cheminée centrale et, cerise sur le gâteau, un piano quart de queue qui ne sert pas mais donne la touche finale.
Et puis cette petite designeuse avait d’autres atouts dont il a su profiter. Pour le prix, il aurait eu tort de se priver.
Il se sent la forme. Tout à l’heure, puisqu’on parle de gonzesses, il appellera Samantha pour  la larguer. Plus facile au téléphone qu’on peut raccrocher quand commencent les pleurs. Ras le bol des blondes, il va se prendre une rousse pour changer. Tiens, la nouvelle secrétaire du boss par exemple. De longues jambes, des fesses bien rondes, des seins haut-plantés, tout ce qu’il aime.
Il va pour boire une seconde gorgée à sa santé lorsque…
Une « Bête » sur son canapé.
Un chat.
Noir.
Horreur !

A suivre…

La femme fardée par Françoise Sagan

Plutôt que d’aller vous incruster entre deux mémères à peau rougeoyante sur une plage inondée de soleil et de crème solaire…
Plutôt que d’aller vous perdre dans des chemins malaisés, sablonneux et de tous côtés au soleil exposés, en compagnie de randonneurs shortisés…
Plutôt que d’aller vous masser dans des temples lointains, des abbayes perchées, des pyramides cuivrées, des grottes soufrées ou des châteaux en Espagne, massés, écrasés, comprimés entre des touristes gras, chauves et puants…
Faites-vous « vraiment » plaisir.
Au fond de votre jardin, à l’ombre de votre plus bel arbre, dans votre chaise-longue la plus voluptueuse, promenez-vous en bateau en compagnie de Françoise Sagan et de sa femme fardée.
Une poignée de gens riches…
Mais pas tous.
Un capitaine atypique et son second non moins hors-normes.
Des caractères différents, marqués, des rapports de force, des moments de grace, des découvertes et des basculements imprévus.
Une balade charmante avec la langue de Françoise Sagan pour vous porter,…
Mais aussi une balade surprenante.
Une tension qui vous emporte, vous fait tourner les pages de ce roman qui ne dure, en tout et pour tout, qu’une semaine.
On le dévore, on adore, on se fait du bien, et on est un peu triste, à la fin, de quitter tous ces gens qu’on a, finalement, bien aimés.
Un chouette livre pour passer un chouette été.
Et si vous voulez le lire sur la plage… Euh…
Après-tout, chacun fait ce qu’il veut avec son livre, ça ne me regarde pas.