Eléonore

Il descend de la Jaguar décapotable, lisse son pantalon noir, sort une cigarette longue, menthol, d’un porte-paquet d’argent nickelé, la glisse entre ses lèvres fines, commence à chercher son briquet tout en observant les alentours.
Une ville d’eau comme il aime, façades blanches, promenade à rambarde de pierres sur un lac lisse comme un drap, vaste comme une mer, agencé de deux trois bateaux de promenade à cheminées d’écume.
Deux trois villas Art-Déco, le casino à marquises de métal, la longue plage de sable blanc.
Décor de film pour romance d’amour.
Il cherche des yeux les robes à crinolines, les déesses à taille serrée, le vaste chapeau, l’ombrelle.
Ne les trouve pas.
Juste, de ci de là, quelques touristes-étrons affublés du short foutoir à jambes-saucisses, du tee-shirt godaillant, de la casquette à visière de plastique transparent.
Rares heureusement, on est en septembre.
Mais vieux évidemment, on est en septembre.
Tant pis.
Il allonge quelques pas, lance au ciel un rond de fumée presque parfait, cherche une terrasse accueillante.

‒ Enfin, vous voilà !

Deux mains gantées sur ses yeux, une voix féminine qu’il ne connait pas, qu’il n’a jamais entendu auparavant.
Il n’oublie jamais ces choses là.
Il se retourne.
Ah !
Une femme.
Et quelle femme !
Yeux noirs dessinés de mascara, cheveux très longs, très noirs, robe souple, sombre à dessins blancs, jambes galbées de soie, chaussures hautes à talons fins, très fins.
Il sourit.

‒ Vous êtes ?

‒ Celle que vous attendiez, celle qui vous guettait depuis deux jours qu’elle était arrivée et que vous n’y étiez pas. Celle qui s’ennuyait sans vous mais, enfin, vous voilà.

Son sourire s’agrandit.

‒ Que joliment ces choses là sont dites.

‒ N’est-ce pas ! Alors voici ce que je vous propose…

Une pause, il attend, intéressé.
Elle lui prend le bras, l’entraine.

‒ Vous êtes descendu dans le même hôtel que moi.

Elle lui montre une structure de balcons ouvragés, un chasseur en livrée, trois marches de moquette rouge.
Il opine.

‒ Je suis chambre 312, vous êtes à la 313.

Il ne vérifie même pas.

‒ Elles communiquent entre elles ce qui est bien, mais d’une porte à serrure ce qui est mieux. Nous sommes vous et moi ici pour quinze jours, nous repartons le même samedi à la même heure. Que diriez-vous de passer ces vacances ensemble sans se connaître ? Juste hors du temps pour une quinzaine et puis chacun, chacune, revient à sa vie habituelle comme s’il ne s’était rien passé.
Il adore ce genre d’idées.

‒ Alors, venez, je connais un petit restaurant charmant accroché au coteau à cent mètres d’ici. J’y ai réservé une table pour deux, nous pourrons y conclure cet accord et nous avouer des choses impérissables. Mais d’abord, inventons nos prénoms de voyage. Qu’en pensez-vous ? Quel nom me donneriez-vous ?
Il réfléchit une demie seconde.

‒ Que diriez-vous d’Eléonore ?

‒ Eléonore, oui ça me plaît. Et vous, je vous appellerai… voyons… un prénom ancien, peu courant mais charmant, Théodore, qu’en dites-vous ?

‒ Eh bien, Théodore je suis et Théodore je serai.

Alors Théodore prend la taille d’Eléonore, Eléonore pose sa main gantée sur l’épaule de Théodore, et, d’un pas tranquille exactement ajusté l’un à l’autre, le couple se dirige vers le bout de la promenade.
Elle se penche vers lui.

‒ Vous savez, Théodore, pour vous, j’ai mis des bas et…

Il lui pose un doigt sur les lèvres.

‒ Chut Eléonore. Voyez-vous, une chose que j’adore par-dessus tout, ce sont les surprises.

Salon jeunesse au Blanc le 31 octobre

Eh ben c’est moi que j’avons fait cette affiche là ! Taaaadaaammmm !
Et eux, là, ce sont les gentils organisateurs. Taaaadaaaammmm ! (re)

C’est le 31 octobre, c’est au Blanc et il y aura tout un tas d’artistes formidables. Taaaadaaaaammm ! (re, re).

Oh !

Titre : Oh !
Date : 23 novembre 2009
Signé : François

Dessin à l’encre et acrylique rouge sur papier 300 g.
Format 50 cm par 70 cm.
Pièce unique encadrée de noir.

Si vous désirez des détails supplémentaires ou me l’acheter, écrivez-moi : creartiss@orange.fr

A Paris

A Paris.
Descendre un escalier.
Regarder la seine qui est si grise, les péniches qui sont si longues, le ciel qui n’est pas si bleu, les arbres, les passants qui passent sans vous regarder.
Admirer les femmes qui sont si belles.
Et puis croiser une beauté qui remonte pendant que vous descendez.
S’arrêter.
Faire demi-tour, ré-escalader quatre à quatre, l’air de rien.
En arrivant sur le quai, essoufflé, la découvrir dans les bras bêtes et musclés d’un bellâtre plus beau que vous.
Râler.
Se dire : Mais qu’est-ce que je fais là ?
Se demander : Mais où j’allais déjà ?
Et redescendre…
Un escalier.
A Paris.