Lascive

Lascive et pensive, la belle regardait par la fenêtre.
Une lumière dorée irisait le blond des cheveux, caressait le modelé d’une épaule, enveloppait l’arceau du bras pour finir sa course, perverse et douce, le long d’une hanche, d’une jambe ombrée de lumière.
Le jour se levait sur Paris, le jour se levait sur elle qui regardait Paris.
Lui, envouté, notait deux trois choses qui feraient peut-être une histoire, qui, en tout cas, décrivaient déjà un instant hors du temps.
Il n’osait parler.
Il songeait.
Il rêvait.
Ni l’un ni l’autre ne bougeaient, lui admirant, elle le sachant.
Un instant immensément long, plusieurs secondes d’éternité peut-être, dévida l’écheveau d’une heure arrêtée, le fil d’une passion sauvage et sensuelle.
Le grincement léger du crayon sur le papier gravait  l’espace, pareil au bruissement d’aile d’un oiseau mouche.
Il écrivait sans s’en rendre compte des choses tendres et voluptueuses.
Elle frissonna soudain, étira les bras, le dos, se retourna d’un froissement d’étoffe.
Un sourire aux yeux.
‒ Et si on allait se promener ?
Il sourit à son tour.
‒ Oui, allons nous promener mais tu sais…
Malicieux.
Elle savait.
Alors, pour lui faire plaisir, elle passa la volupté d’une robe légère flottant  sur ses jambes nues, prolongées de  la longueur de deux talons immenses, affutés comme des rasoirs.
Rien d’autre.
Ils allèrent se promener.

 

Gribouillis du jeudi

Dessin 230

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Le tombé du chapeau

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
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Gribouillis du lundi

Dessin 229

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Page de Splogofpfts

Il y a des gens qui font des pages d’écriture, moi je fais des pages de Splogofpfts. C’est plus fun !
Alors en voici une toute fraiche du jour.
Vous le savez peut-être ou peut-être pas, mes petits bonhommes à gros nez, les Splogofpfts, ont chacun un rôle.
Alors, pour se remettre en tête les principaux, de gauche à droite et de bas en haut…
Interrogation écrite dans dix minutes. Non mais ! Pas toujours les mêmes qui bossent ici.

– Le héros
– Le faire-valoir du héros (Gentil voir un peu bêta parfois. Normal pour un faire-valoir)
-Le technicien (Râleur. Normal pour un technicien)
– Le Monsieur tout le monde en blond
– Le Monsieur tout le monde en brun.
– Le peintre… et son pinceau à ne pas oublier car c’est un personnage à part entière.
– Le photographe… et son appareil photo à ne pas oublier non plus car personnage lui aussi.
– Le sculpteur (Râleur aussi normal pour un sculpteur, mais, petit conseil, ne tentez pas de le contredire, c’est lui qui a le gros marteau)

Haut et bas

Il descendait les escaliers du haut de la rue Charles de Batz.
Elle les remontait.
En bas.
Zut se dit-il, je suis dans le mauvais sens.
Arrivé en bas, l’air de rien, il fit demi-tour.
Les remonta.
De bas en haut.
Elle n’était plus là.
Elle ne l’avait pas attendu, s’éloignait d’un pas lointain vers la rue Victor Hugo.
En haut.
Il grommela.
Redescendit en bougonnant.
Du haut vers le bas.
Mauvais matin.
Au troisième pas sur la rue Honoré de Balzac.
En bas.
Il en croisa une seconde qui venait du haut de la place Denfert-Rochereau.
En bas.
Jupe courte, jambes longues, talons hauts.
Elle allait vers les escaliers.
Du bas vers le haut.
Son bus arrivait, il allait le manquer.
Tant pis.
Il n’hésita pas.
Retourna.
Du bas vers le haut.
Suivant les jambes en bas là-haut.
Là-bas.
Son patron comprendrait…
Comme chaque matin.
Comme chaque jour.
Comme chaque fois.
On sait ces choses là quand on vend des strings, des tangas, des shortys, des bodys, des corsets, des guêpières, des jupons, des nuisettes, des porte-jarretelles…
Et des bas.

 

Photo : Miss Legs

Gribouillis du jeudi

Dessin 228

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La nuit du renard par Mary Higgins Clark

Par principe, je n’avais jamais lu de bouquin de Mary Higgins Clark. J’avais un « à priori », très « priori » et pas du tout « à », comme quoi c’était de la littérature de M… tout juste bonne pour des crétins ou crétines lobotomisées.
Excusez du peu !
Et puis Argh ! Oups ! Holp ! Gargloub-Beuh ! On m’a offert un bouquin de cette femme.
J’ai pris entre deux doigts la « chose », l’ai posée délicatement sur le buffet, l’ai recouverte, pour limiter les effluves, d’une cloche à fromages et l’ai oubliée.
Un certain temps.
Long.
Les livres à lire je n’en manque pas et les fromages j’en collectionne peu, ma femme les ayant en horreur à cause de l’odeur. Pas des livres, des fromages.
Jusqu’au jour où j’ai eu besoin de la cloche pour des fromages et des amis qui sentaient forts. Pas les amis, les fromages.
Quoique…
Toujours est-il que je me suis retrouvé face à face avec l’objet.
Nous nous sommes regardé yeux dans les titres, en lecteur et roman de faïence qui se comprennent à demie virgule.
Et comme je ne suis jamais obtus le mardi, c’est un principe, et que nous étions un mardi, je me suis engagé dans la découverte de ce truc.
Et…
Surprise….
Ce n’est pas si mal.
C’est un roman à suspense assez classique, mais particulièrement efficace, qui te traîne la langue pendante d’un rebondissement à l’autre sans pouvoir respirer une seconde.
Du beau boulot !
Comme toujours dans ce type d’histoires, on connaît le meurtrier dès le départ et tout est dans le fait de savoir s’il va s’en sortir ou pas,  si le pauvre type condamné à mort à sa place va passer à la chaise ou pas, si les passants qui passent vont découvrir quelque chose ou pas, si le flic bête sera moins bête ou pas etc.
Ce n’est pas de la grande littérature (Ben non !) mais ça se laisse avaler avec plaisir pour peu qu’on aime ça.
Et moi, je ne déteste pas.
Mais si !
Ah oui, quand même un petit bémol (j’aime bien ce mot), pour un rien de facilité et de bien pensanterie un peu trop convenue qui traîne de ci de là.
Mais ce n’est pas grave, un bon aspirine doublé d’une bonne nouvelle de Guy de Maupassant par dessus, et il ne vous restera aucune séquelle.
Alors n’hésitez pas…
Si vous aimez ce genre là.

Ps : Pour finir cet article, notons que c’est le premier roman de cette dame, que j’ai tenté d’en lire deux ou trois autres, qu’ils me sont tombés des mains à la page dix, particulièrement les plus récents. Alors tentez le coup sur celui-là et peut-être les deux ou trois suivants, mais ensuite, je crains qu’elle ne soit tombé dans un genre commercial bien rentable qui a perdu son auteure en route…
« On recherche Mary Higgins Clark. Toute personne qui la retrouvera pourra être la victime de son prochain roman écrite à 26 mains par d’autres qu’elle ».
Ecrivez-moi, je transmettrai.