Le retour du casino

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
800 €
(frais de livraisons compris)
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Gribouillis du lundi

Dessin 226

Si ce dessin vous plaît, vous pouvez me l’acheter 10 € (Frais d’envoi compris)
Notez le numéro du dessin et écrivez-moi sur mon mail.
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Je vous l’enverrai daté, signé, et pourquoi pas dédicacé.

en te rêvant

La cuisine est propre, tout va bien. Jean-Paul range le balai, la serpillière, derrière la porte du placard.
Un dernier regard.
Impeccable !
On se croirait dans le catalogue « Ma Maison » à la rubrique « l’Intérieur Parfait ».  Il est fier de lui.
Il a fait repeindre en rose une semaine plus tôt. L’envie d’un petit côté Kitch, gai, à part. C’est très réussi.
Aimera-t-elle ?
Une légère inquiétude.
Il passe dans la salle à manger plus classique, avec des lignes droites, des meubles clairs, de profonds canapés de cuir blanc, une cheminée centrale. La table est mise, deux couverts de porcelaine, verres en cristal, des bougies, une bouteille d’un Châteauneuf du pape qui va bien.
Il s’installe dans le canapé replace dans l’alignement le second verre sur la desserte.
Tout est prêt.
Il ne cherche pas à l’impressionner, juste qu’elle soit bien, heureuse. Elle est si belle. Il aimerait que leur histoire commence sur un moment magique. Il aimerait aussi qu’elle dure plus longtemps qu’à l’habitude.
On sonne, c’est elle.
Fabuleuse.
Une souple robe blanche à petits pois et bordures rouges qui met en valeur sa chevelure sombre, un décolleté carré  pas trop profond mais pas trop sage quand même, trois rangées de volants pour découvrir les chevilles fines, les chaussures du même rouge que sa bouche, du même rouge que son bracelet.
Patch, son teckel fou, déboule la queue en bataille et lui lèche la main. Bon signe. La précédente, il avait commencé par la mordre et même si ce n’était rien, elle n’avait pas aimé.
Elle se penche, le caresse, sourit.
Soudain la pièce s’illumine, le soleil est partout, la vie est belle.
Jean-Paul sourit à son tour. Il a la sensation de planer dix centimètres au dessus-du sol, c’est très agréable.
‒ Pas eu de problème pour trouver ?
‒ Non, vos explications étaient très claires.
‒ Un petit verre pour commencer ? J’ai un très bon Pinot des Charentes.
‒ Avec grand plaisir, j’aime beaucoup le Pinot.
Jean-Paul débouche la bouteille d’un seul geste ce qui est rare, remplit à moitié les deux petits verres sans qu’une goutte ne se perde. Tout va donc très bien.
‒ J’ai préparé quelques amuse-bouche.
‒ Laissez Jean-Paul, je m’en occupe, ça me fait plaisir.
Elle se lève avant qu’il n’ait pu réagir, passe dans le coin cuisine.
‒ Comme c’est joli ce rose ! Savez-vous que c’est ma couleur préférée ?
Il ne savait pas. Il rougit d’être si bien tombé.
Elle passe un petit tablier blanc qui lui sied merveilleusement, ouvre le four, s’exclame en retirant le plateau.
‒ Ça sent très bon.
Et une douche épaisse descend du plafond, les noie tout deux d’une cataracte d’eau glaciale.
‒ Dégage pouilleux, tu gènes.
Jean-Paul s’éveille d’une brutale redescente sur la terre.  L’hiver, la rue, le froid.
Le type des services de nettoyage, que les copains appelle «La Hyène »  pour sa vicieuse brutalité, continue d’arroser, d’un jet d’eau vachard, le carton, les quelques affaires du clochard, et tout ce qui traîne sur le trottoir. Jean-Paul s’enfuit, trempé, claudiquant, de ce coin qu’il croyait tranquille sous ce pont, pour s’enfoncer dans le brouillard glacé.
‒ Ça me fout la gerbe ces détritus humains.
Voici le second, le collègue, qu’on appelle « Le Philo » pour son verbiage pédant. Les deux font la paire aussi méchants l’un que l’autre.
‒ Faut s’méfier, ça vous ficherait la chtouille le temps de respirer cette merde !
Jean-Paul, en fuyant, a abandonné quelques fringues, un sac plastique, un vieux journal de mode. « Le philo » s’arrête sur une photo. La belle Dita Von Tease, en robe d’été, sort un plat du four dans une cuisine rose pastel, un teckel brun à ses côtés.
‒ C’est qui cette meuf ?
« La Hyène » approche, regarde, siffle entre ses dents.
‒ Putain, j’me la f’rais bien pour mon goûter.
Et les deux, en se marrant, continuent leur chemin.
Il pleut sur Paris.

Photo : Dita von Tease

Gribouillis du jeudi

Dessin 224

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Balzac et la petite tailleuse chinoise par Dai Sijie

Pas facile d’écrire sur un bouquin que j’ai commencé par apprécier puis par m’en lasser avant de l’abandonner en me disant : « quel navet ! »

Mais le plus simple, commencer par le début…
(J’aime beaucoup ce genre de phrases nulles et téléphonées qui font toujours bien dans une chronique littéraire. Pour celle-ci, j’ ai longtemps cherché la contrepèterie. On m’a dit qu’il n’y en a pas mais je ne suis pas très fort en contrepèteries et je doute assez de celui qui me l’a affirmé. Il se marrait comme un cachalot bègue. Alors je cherche encore).

Donc ça commence pas mal.
On est balancé (c’est le terme) dans la Chine de Mao à la suite de deux jeunes gens soi-disant intellectuels mais qui n’ont pas eu le temps de le devenir. Le gouvernement les envoie en « rééducation » dans un village paumé, si paumé qu’on se demande comment il peut exister des endroits aussi paumés que c’en est à peine vraisemblable.
Mais bon, si c’est écrit dans un livre, ça doit être vrai !
Ils vont y dormir au dessus des cochons,  porter des charges énormes à travers les montagnes, creuser à la main des mines de charbons, et tout çi et tout ça avec la boue, le froid, la pluie, entourés de surcroît de paysans imbéciles.
Évidemment il n’y a ni électricité, ni moteur, ni chasse-d’eau, ni même un Mac Do convenable dans le secteur. Les livres sont prohibés, quant au tout à l’égout, inutile même d’y penser.
Un bonheur !
En plein vingtième siècle, on croît rêver.
Une façon de douche froide pour le bon bourgeois occidental, crétin, gavé de confort et de  pâtes au gratin que je suis.
Un bon début donc.

Ensuite ? Eh ben ça se gâte les coupins.
La rencontre avec la petite tailleuse fille du tailleur et dont le co-héros, Luo, tombe amoureux, pourquoi pas.
La découverte d’une valise de livres, fabuleux, passionnants, magiques pour ainsi dire, gardée jalousement par un binoclard (avec des lunettes qu’il perd souvent et casse régulièrement comme tout binoclard qui se respecte), ça peut passer et ça explique le titre.
Ah oui, notons-le, ces livres sont évidemment occidentaux, évidemment français, et entre autres, Balzac.
Comme quoi, en Chine, ils ne savent pas écrire, à peine lire, et la seule littérature qui les fassent rêver, c’est la notre. Mais si ! Mais si !
Bluffant non ?

Tout’ façon, c’est à partir de là que j’ai commencé à me faire c…
à m’embêter, et que le machin m’est tombé des mains. Ça traîne, ça godaille, ça vasouille. Les péripéties, quand il y en a, deviennent si évidentes, si lourdingues qu’un marshmallow tocard à casquette verte les comprendrait sans peine (Et on sait combien le marshmallow tocard à casquette verte peut être bêta).

Alors, j’ai été voir la fin comme je le fais quand je m’… m’ennuie. Elle correspondait exactement à ce que j’avais pensé.
Bon que je me suis dit, c’est pas grave. Quel type de ma connaissance détesterais-je suffisamment pour lui offrir ce bouquin naze ?
J’ai trouvé mais je ne vous dirai pas qui.
Et comme toujours dans les bonnes histoires qui se respectent, je suis monté sur ma bicyclette verte et je suis parti vers le soleil couchant en chantant : « I’m a lonesome cowboy far away from home ».
Et je vous conseille d’en faire autant.