Ne pleure pas ma belle par Mary Higgins Clark

Je le sais !
Eh oui, pourtant je le sais, mais oui je le sais, d’accord je le sais. Je ne suis pas né de la dernière pluie, pas même de celle d’avant.
J’avais lu un roman, le premier de cette dame, il ne fallait pas y retourner.
Rester sur une impression pas trop mauvaise, voilà qui était bien.
Mais je suis incorrigible.
Et puis, avouons-le, je suis tombé sur ce bouquin au prix super attractif de 50 centimes.
Avec toutes les pages, la couverture, et tout et tout, et ne sentant même pas mauvais.
Alors j’ai craqué.
J’aurais pas du…
C’est une belle merde !
Enfin belle ? ? ?
Une histoire téléphonée, un meurtrier que l’on connait dès la vingtième page, un suspense qui traîne en longueur et puis…
De la guimauve, de la guimauve, de la guimauve.
On se noie dans la guimauve.
Du coup, comme je m’ennuyais, j’ai un peu regardé le style…
Au secours !
Et ce n’est pas Graham Greene que j’ai lu juste après qui dira le contraire.
Alors, j’ai bâclé vite fait les cents dernières pages de ce livre et je vous le dis en quatre mots (pas plus) :
Ne lisez pas ça !
Vous pouvez tenter « La nuit du renard », c’est son premier bouquin dont je parle sur ce blog un peu plus tôt (rubrique : mes lectures).
Et restez en là.
Ne faites pas comme moi, vous n’êtes pas né de la dernière pluie non plus et vous…
Vous n’êtes pas incorrigible.
Enfin…
Pas souvent.

Padam ! Padam !

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
400 €
(frais de livraisons compris)
Pour plus de renseignements ou pour l’acheter, contactez-moi par mail
creartiss@orange.fr

Les plumes

Allongée, plutôt qu’assise, sur le grand fauteuil du salon de cet abruti, Aurélia observe Giancarlo avec qui elle sort depuis trois mois maintenant.
Désespérant.
Il cause, il cause, il cause, c’est tout ce qu’il sait faire.
C’est pourtant avec sa verve qu’il l’a draguée, ce jour d’été, dans ce petit bar si désuet du cinquième. Il faisait beau, elle s’ennuyait en terrasse, il avait des dents blanches et l’accent italien.
Elle craque toujours pour des types dans la trentaine, avec du bagout, des dents étincelantes. C’est une manie.
Ensuite, elle découvre un égo d’hippopotame, un cerveau de poulet, une naissance à Vierzon et le dentifrice Gibbs, celui à la rose entre les dents.
Cela ne rate pas.
Ici, le portrait se complète d’une voiture de sport bruyante, inconfortable et décapotable, d’un goût de chiotte pour les fringues comme pour la déco, et d’une bande de copains totalement crétins, assortis de Bimbos rieuses à gros seins siliconés.
La soirée traîne en longueur comme d’habitude entre les bavasseries de tous ces péteux et les rires éclaboussants des grognasses.
Il va être temps de quitter tout ce petit monde définitivement, de prendre des vacances de bêtise.
Fini les trentenaires, le prochain sera soit un jeune type à modeler, soit un vieux pour se blottir.
Mais d’abord, rompre. Un moment qu’elle apprécie, qu’elle renouvelle avec créativité pour chaque amant.
Cette fois, elle a commencé en choisissant, sans le prévenir, cette tenue . Du bleu, des plumes pour l’envol, de la transparence pour dévoiler, et rien en dessous pour ne pas décevoir.
A peine une robe, plutôt une chemise de nuit de soirée mais beaucoup plus érotique.
Lorsqu’il l’a vu arriver dans cette anti-tenue, Giancarlo en a eu le souffle et la parole coupés, ce qui n’est pas dans ses habitudes. Il s’est approché, tentant de lui interdire l’accès.
‒ Pas en public, quand même ?
‒ Mais si. Et toujours pour des occasions particulières.
C’en est une.
Elle est plutôt fière du silence masculin pour son entrée, pas mécontente non plus de la crispation palpable des greluches, et puis la soirée a continué comme si de rien n’était.
Mais, heureusement, Giancarlo ne devrait plus tarder à exploser. Il parle, parle encore, mais arbore son teint vert-rouge des grands moments, le regard en biais, la crispation de la bouche, le tremblement des doigts.
Un petit effort supplémentaire devrait être suffisant. Elle s’étire d’abord voluptueusement, le calme se fait. Elle se lève, tranquille, se dirige vers le bar, attitude lascive, regard voilé.
L’atteindra-t-elle ?
Elle compte mentalement : cinquante secondes, vingt-cinq, dix, maintenant.
‒ Tu as fini de me foutre la honte avec ton look de prostituée ?
Voilà !
Elle se campe, droite, les mains sur les hanches, les yeux plantés dans les siens.
‒ Mais non ! Pas un « look de prostituée », l’allure d’une sorcière-oiseau qui te quitte définitivement en s’envolant pour jamais.
Elle court, trois pas, franchit la fenêtre, se jette du balcon dans un froufroutement de plumes et de tulle.
Quinzième étage.
Hurlement incrédule.
Les hommes se précipitent, Giancarlo en tête.
Hagard.
Quarante mètres plus bas, rien. Ni cadavre sur le bitume, ni sang sur le trottoir. A l’horizon d’une fin de jour pâlie, une corneille noire leur lance son cri grinçant, franchement moqueur, avant de disparaître dans la nuit.
‒ C’est possible ça ?
‒ Eh bien non, enfin, je ne croyais pas…
Jambes molles, suées, terreur frissonnante.
Bien fait !
Cachée derrière la rambarde du balcon supérieur où elle s’est accrochée puis hissée en souplesse, Aurélia regarde son ex et sa bande de nazes avec un plaisir satanique. Ils ne dormiront plus jamais si bien.
Un bruit.
Elle se retourne.
Derrière la vitre, un type, la trentaine scintillante, en slip, se regarde dans un miroir en faisant briller ses dents. Il est mignon.
Allez une jolie sorcière à la surprenante, ça ne peut lui faire de mal !
Quoi ?
Vous ne changez  jamais d’avis, vous ?

Photo : Dita Von Tease

Premier froid

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
600 €
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