Le chemin dans la dune

Une allongée de jambes, un dernier repli de sable, le sommet de la dune.
S’arrêter.
Regarder.
Le sentier avance encore de quelques mètres pour s’interrompre en brisure d’ombre devant une plage claire, lisse, bordée de la couture double d’une frisée de vagues. Puis c’est le bleu-sombre de la mer griffée de courtes fronces claires, le bleu-cobalt d’un ciel de nuages translucides.
Un vent léger.
Sourire.
Quelques pas de plus. Le sol est tendre, doux sous le pied nu, chaud mais sans bruler. Les poteaux de bois, de parts et d’autres du chemin, dessinent de leurs pointes effilées un territoire sombre sur la rondeur du sable blond. Deux sont entaillés d’une plaie graphique.
Esthétique.
Il aime ça.
Il est le premier ce matin à venir ici. Pas une marque humaine devant lui, pas une trace. Par où sera-t-elle passée qui est partie plus tôt ? Sans doute par l’autre accès, moins sauvage, plus formaté.
Sur le passage, cinq touffes d’herbes impertinentes frisent leurs plumeaux à la brise tendre. Plus haut, elles deviennent nombreuses, rassurées, en troupeau de hérissons ébouriffés.
Un joli endroit vraiment.
Il s’installe les jambes en tailleur, sort un crayon de sa poche, ouvre son carnet de croquis.
Et d’une série de gestes sûrs, il stoppe la mer, le ciel, les nuages, il bloque la brise sur le court buisson qu’elle broussaille, il estompe d’un fusain précis le creux sinueux sur les poteaux, la marque de leurs ombres sur le sable.
Tout se fige dans cet instant-là, à cet endroit-là.
Dessinateur.
Dans trois jours, quatre au maximum, ce sera une huile, une toile.
Peintre.
Et nous pourrons, nous aussi, nous poser au bord de ce sentier un matin d’été.
Tout voir, tout sentir, tout retrouver dans cet instantané.
Arrêt sur image.
Il a fini, se relève, s’époussète, s’en va  rejoindre celle qui l’attend.
Pas nous !
Car j’ai décidé comme lui de stopper mon histoire ici, juste sur le bord de ce chemin, au moment exact où il a reposé le crayon, rangé le carnet.
Nous n’irons pas plus loin.
Moi aussi, je sais figer le temps.
Arrêt sur écriture.

Peinture : Jean-Hubert Paillet

Gribouillis du jeudi

Dessin 217

Si ce dessin vous plaît, vous pouvez me l’acheter 10 € (Frais d’envoi compris)
Notez le numéro du dessin et écrivez-moi sur mon mail.
creartiss@orange.fr
Je vous l’enverrai daté, signé, et pourquoi pas dédicacé.

Jour de pluie

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
400 €
(frais de livraisons compris)
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Franck Baluze 2

Aujourd’hui, 11 janvier 2020, à 15h59, je viens de terminer la refonte du manuscrit de Franck Baluze 2 après la première correction, toujours terriblement efficace et précise (mais il le faut), de ma correctrice préférée.
Merci à elle qui fait un boulot démentiel !
Un grand moment après pas mal d’heures de travail, je suis content.

Chouette !

Demain, tirage de la deuxième série des manuscrits (ou tapuscrits pour ceux qui causent modernes) en cinq exemplaires.
Quatre pour mes quatre autres correctrices. Merci à elles pour le boulot qu’elle vont faire..
Et un pour mon éditeur.

Chouette bis ! (Soyons littéraire)

Cela avance. On devrait voir paraître un bout de bouquin pas trop mal ficelé assez bientôt peut-être…….

Chouette ter ! (Soyons pragmatique)

Mais en attendant, juste pour fêter ça et me détendre, je vais me jouer un peu de musique.
Voyons quelle partition choisir ?

Quoi ?

 

Gribouillis du lundi

Dessin 216

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Gribouillis (retour en arrière)

Dessin 6

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La rencontre inversée

Elle descendait l’avenue.
Il la remontait.
Elle se moulait ce jour-là d’une robe à rayures d’été, une robe de fête, une robe de rencontres au décolleté gracieux, une robe assortie du chapeau souple et chic qui lui seyait idéalement.
Un grand chapeau.
Il arborait pour sa part un pantalon clair, une chemise de soie, un canotier décalé, désuet,
Très élégant.
Il marchait d’un pas fluide, sentant l’aventure qui approchait.
Une femme sans doute.
Et quelle femme !
Elle rêvait tout en glissant d’une onde légère sur la hauteur de ses talons fins.
– Ce serait bien, se disait elle, s’il portait un canotier, désuet bien sûr, mais si élégant.
Elle appréciait beaucoup les hommes en canotier.
– Ce serait bien, se disait-il, si elle se trouvait vêtue de rayures.
Il adorait les rayures.
Elle stoppa au dixième lampadaire juste avant le repli de la chaussée, ferma les yeux attendit un instant, un instant long et tendre.
Puis elle regarda.
Il n’y était pas.
Il marchait sur une autre avenue, dans une autre ville.
D’ailleurs ce n’était même pas une avenue, c’était un boulevard.
Quel crétin !

Photo : Idda Van Munster