Fantasme léopard

Elle me regardait, je ne savais quoi dire.
Ce qui ne m’arrive pas si souvent, avouons-le.
Ensemble léopard pour chaussures sauvages à talons hauts, crinière de tigresse sur fourrure de peau brutale, elle était plutôt belle.
Un rien inquiétante pourtant.
Que me suggérait-elle ?
Voulait-elle évoquer la cruauté d’une jungle restée vierge ?
Sous-tendait-elle que la plus sophistiquée des femmes reste une panthère ?
Ou s’agissait-il d’une invitation à un combat de bêtes aussi terrifiant qu’érotique ?
Je m’interrogeais.
Ses tailleurs Chanel sur dessous Aubade m’avait habitué à plus de douceur, à moins de rudesse aventureuse. Je ne suis pas de cette race qui fit les explorateurs et les missionnaires. Je suis de celle qui créa la Bourse, les visons, les nuisettes en dentelles et les voyages à Venise.
En toutes circonstances, je préfère contrôler les choses. Les fantasmes comme les ébats sexuels n’y font pas exception.
J’envisageais donc une fuite discrète et de bon ton. Il faut savoir laisser aux autres les découvertes hasardeuses, le danger, les territoires hostiles.
J’étais presque à la poignée de la porte lorsque qu’elle me dit.
‒ Tu sais, il y a ce qu’il faut ici pour dresser les animaux sauvages et en faire des tigresses de salon. Elles ne demandent que ça.
Elle me montrait des bracelets de corne, des liens de soie, un masque d’or, un foulard qui pourrait éventuellement servir de bâillon.
Je me ravisais.
Qu’il s’agisse de civiliser les populations primitives, de mettre le joug ou de dresser les animaux rétifs, depuis Philippe le Bel, ma famille a toujours su comment s’y prendre.
Je m’y attelais donc. C’est le mot et il ne fut pas surfait.
Au final, je trouvais l’expérience plutôt agréable.
Comme quoi on a toujours raison de le dire…
Noblesse oblige !

Photo : October Divine

Album BD : Auto Party

Le second titre de mes BD encore disponible à la vente.
48 pages, cartonné, couleur.
Mes personnages, les Splogofpfts.
Des gags, souvent absurdes, autour des voitures mais pas que….
Il vous intéresse, n’hésitez pas…
Vous pouvez me le commander pour 10 euros plus 5 euros de frais d’envoi
en m’écrivant sur mon mail :
creartiss@orange.fr

Pour vous donner envie, quelques pages tirées de cet album…

 

 

 

La femme pressée

Encre de chine
50 cm par 70 cm

Tableau mis en vente  encadré de noir et protégé sous verre.
Livraison faite à domicile par l’artiste.
400 €
(frais de livraisons compris)
Pour plus de renseignements ou pour l’acheter, contactez-moi par mail
creartiss@orange.fr

Ma vie avec Annabelle

Samedi 16 janvier 2021

Assis dans le salon face à mon ordinateur, je me promène à Blois, à Chambord pour être exact.
On sait vivre.
Mes deux personnages, Sandra et Paul, entament leur chapitre trois avec une promenade, assez tumultueuse je dois l’avouer, dans le parc de ce château que je préfère aux autres.
Eddie Higgins et son trio m’accompagnent d’un jazz-balade. Soudain, une improvisation sur les demoiselles de Rochefort.
Plaisir
Il fait bon. La cheminée diffuse une chaleur douce, craquante. Sur le carreau de la baie vitrée ouvrant sur l’océan, le vent balance des bourrasques de pluie froide ajoutant une sensation de confort supplémentaire à la tiédeur de la pièce.
Nous sommes à Royan depuis deux semaines. J’apprécie cette ville silencieuse et déserte, le long rideau d’asphalte sans voitures bordant la plage sans baigneurs, les restaurants sans convives, les boutiques closes, les immeubles aux fenêtres noires, les villas aux volets fermés, les rares passants frileux, marchant vite, accompagnés du chien échevelé et gai.
J’aime la mer en hiver.
Un endroit idéal pour inventer mes histoires.
J’attrape mon verre de Cognac (on n’en est pas loin), boit une gorgée.
– Alors ? Comment trouves-tu mon nouvel ensemble ?
Tiens ?
Je relève le nez, le verre toujours à la main.
Je manque le laisser tomber.
Annabelle a abandonné son roman policier pour aller revêtir, sans que je le remarque, un corset rouge que nous avons acheté il y a deux jours. Il s’assortit d’un charmant string, d’une paire de jarretelles à nœuds coquins…
Un délice.
Judicieux achat !
– J’adore.
Mutine, Annabelle passe sa main le long de la taille puis descend sur les bas.
– Tu ne trouves pas qu’il serait un peu…
Je pose  mon cognac, me lève, traverse la pièce.
– Non, je ne trouve rien si ce n’est qu’il est fabuleux. Et, en cette période de tristesse généralisée, on a besoin de choses fabuleuses pour continuer à jouir de la vie.
Et nous savons faire ça, Annabelle comme moi.
Sans nous vanter.
Alors Sandra et Paul attendront. Ils ne sont pas si mal dans leur parc, il y a des animaux à regarder, il fait beau, un chouette château.
Pour ma part, j’ai deux trois choses plus importantes à faire.
Car il y a des priorités dans la vie.
Quand on a un vrai sens des valeurs…
Ce qui est mon cas bien entendu.
Pas vous ?

Photo : Line Colibri (Un grand merci pour son autorisation)